
de la 4ème année moyenne
SOMMAIRE
1.
Préambule de présentation
1.1-
Destination et rôle du document
1.2-
But central des programmes de langue amazighe
2.
L’amazigh au cycle moyen
2.1- Objectifs et contenus de fin de cycle
A/
Les compétences discursives
B/
L’approche des genres de textes
C/
Les références culturelles
D/
La lecture, source de plaisir et instrument des apprentissages
2.2- Projets pédagogiques et séquences d’apprentissage
A/
Le projet de l’enseignant
B/
Les projets pédagogiques intermédiaires
C/
Les séquences et les séances d’apprentissage
2.3-
Evaluation et critères
A/
L’évaluation initiale
B/
L’évaluation des séquences et des projets
C/
Les critères d’évaluation
2.4- L’amazigh langue seconde
A/
Les objectifs généraux
B/
Les contenus et méthode
C/
Les outils de la langue
3.
L’amazigh en 4ème AM
3.1- Consolidation et sensibilisation au patrimoine
amazigh
3.2- L’amazigh pour les non amazighophônes
A/
Les activités de l’oral
B/
Les activités de lecture
C/
Les activités d’écriture
D/ Les outils de la langue
3.3-
L’amazigh pour les amazighophônes
A/
La lecture :
a-
Rappel des objectifs
b-
Sources et genres de textes à lire
c-
Le texte et l’image
d-
Les modalités pédagogiques de la lecture
B/
L’écriture :
a-
Rappel des objectifs
b-
Les textes à produire
c-
Les modalités pédagogiques de l’écriture
C/ L’expression et la communication orales
a-
Les situations d’expression orale
b-
Les situations de communication
c-
Les modalités pédagogiques de l’oral
D/ Les outils de la langue
a-
Les activités lexicales
b-
Les activités morphosyntaxiques :
1) La grammaire de la phrase
2) La grammaire du texte
3) La grammaire du discours
4) Une démarche combinatoire : du
discours à la phrase.
c-
L’orthographe et la transcription
d-
Les modalités pédagogiques des outils de la langue
1- Préambule de présentation :
1.1-
Destination et rôle du document :
Ce document
qui accompagne le programme de langue amazigh en 3ème année moyenne,
est destiné aux professeurs de cette discipline, dans le but de les aider dans
la mise en œuvre de ce programme. Il en explique la finalité et l’objectif qui
est d’approfondir et de développer les acquis de l’élève en 1èreAM
et en 2èmeAM, dans les domaines de l’oral et de l’écrit. Il
montrera, à travers l’analyse de ses objectifs, que les principes d’enseignement
et d’apprentissage sont les mêmes tout au long du cycle moyen. Il signalera
qu’au cours de l’année précédente, les élèves avaient déjà été initiés aux
diverses formes de textes tout en axant tout spécialement sur le texte
narratif. L’accent avait donc été mis sur les textes où domine la fonction
narrative. En 3èmeAM, on poursuit l’étude du narratif, en y
associant celle de la description et du dialogue. En 4èmeAM, on
approfondira la narration et abordera plus en détail l’argumentation.
1.2- But central des programmes de langue amazighe :
Avec la
volonté de participer à la promotion de la langue amazighe, les programmes du
cycle moyen font de la formation du citoyen à ce niveau, une finalité majeure,
qui se traduit progressivement par un objectif central : la maîtrise du
discours. C’est l’enjeu des nouveaux programmes. Il ne suffit plus de savoir
s’exprimer, acquérir une culture, accéder à la méthode et à l’autonomie ;
ces objectifs de la 1ère génération des programmes amazighs qui
gardent leur pertinence, sont désormais régis par l’apprentissage des formes de
discours. Ces dernières sont situées dans leur contexte social, sachant que la
vie sociale est tissée de discours, que la culture elle-même est transmise par
le discours et que la langue se pratique dans la réalité des pratiques
discursives. C’est la raison pour laquelle, les activités de lecture,
d’écriture et de prise de parole, doivent structurer l’ensemble des programmes
de langue amazigh à travers ce cycle d’apprentissage.
Dans la
réalité des pratiques langagières, l’oral est la forme première et la plus
fréquente de l’activité discursive, notamment pour les apprenants non
amazighophônes. Il se pratique par un apprentissage de l’écoute, aussi bien que
la prise de parole.
A partir de
cette 4ème année d’apprentissage, l’écrit devient un moyen naturel
d’expression et de communication. A cet effet, l’accent doit être mis sur les
productions personnelles des élèves, à travers la plus grande variété possible
de textes.
Quant à la
lecture, elle doit être perçue dans la diversité de ses formes concrètes, bien
que la non disponibilité des textes amazighs authentiques, dans la plupart des
formes discursives, pose problème. Dans le but d’apporter notre contribution à
la promotion de cette langue, il faudra penser à se rattraper par la traduction
et l’adaptation. Quoi qu’il en soit, il faudra amener les élèves à lire avec
méthode ; c’est une démarche indispensable qui n’exclue nullement la
lecture usuelle, « cursive ».
Pour les
besoins de faire accéder les élèves à la compréhension et à la pratique des
outils de la langue que sont le vocabulaire, la grammaire, la conjugaison et la
transcription orthographique, pour faciliter la mémorisation de toutes ces
notions et initier à une réflexion sur la structure de la langue, les textes
seront choisis en fonction de leur niveau et étroitement associés aux objectifs
de communication de la séquence d’apprentissage.
2- L’amazigh au cycle moyen :
2.1- Objectifs et contenus :
A/ Les compétences discursives :
L’objectif
que se fixent les programmes aux termes de la 4èmeAM, est la
maîtrise des principales formes du discours. Toutes les mises en pratique du
langage à l’oral et à l’écrit sont des discours ; et dans un discours
énoncé en situation de communication, un émetteur transmet un message à un
récepteur, avec l’intention de lui communiquer quelque chose. Le niveau de
langue employé dans un discours est fonction de cette situation de
communication. On distingue le niveau de langue familier, comme les incorrections
grammaticales, le niveau courant pour le langage usuel, le niveau dit soutenu,
dont les termes et les constructions utilisés sont recherchés. Le texte du discours
est construit selon des règles particulières : il peut être une narration
quand il s’agit de mettre en scène des personnages et de les faire vivre dans
une série d’actions racontées par un narrateur ; ou bien une description
qui consiste à nommer et à qualifier un être, un lieu, un objet, pour lui
donner une image en fonction de l’effet que l’auteur veut produire ; comme
il peut être une argumentation qui consiste à enchaîner des arguments sous
forme de preuves ou des raisons, dans l’intention de convaincre ou de défendre
un point de vue. Les programmes se proposent d’aborder ces formes de discours,
en procédant, d’une manière progressive et par dominantes. La progression
d’ensemble s’ordonne selon le principe suivant :
-
En
2èmeAM, la lecture courante dans la transcription adoptée étant
maîtrisée, l’accent est mis sur
les textes où domine la fonction narrative.
C’est la forme de discours privilégiée et le moment
approprié pour mettre les apprenants de la langue amazigh au contact d’un riche
patrimoine de contes et de légendes, favorisé par une longue période de
tradition populaire d’une littérature oralisée faute de développement de
l’écrit.
Pour l’argumentation, on se borne cette année au
simple repérage.
-
En
3èmeAM, on poursuit l’étude du narratif, en y associant celle de la
description et du dialogue ; un élève qui participe à un dialogue avec ses
camarades, va se trouver dans la nécessité de justifier un avis ou de
s’expliquer, ce qui le conduira à une première approche de l’argumentation.
-
En
4èmeAM, l’accent sera alors mis davantage sur l’argumentation tout
en approfondissant l’étude des fonctions précédentes. C’est ainsi que ces trois
compétences discursives seront développées durant la scolarité du cycle moyen.
Bien entendu, d’autres formes de discours, comme
l’injonction, la prescription peuvent se présenter dans les textes et les
documents. Il n’est pas question de les ignorer. On pourrait se contenter de
les faire identifier en attendant de les étudier dans le cycle secondaire.
B/ L’approche des genres de textes :
C’est en
liaison avec les formes du discours qu’on amènera les élèves à découvrir et à
analyser les genres de textes de différentes sortes. On ne limitera pas la
question des genres de textes à étudier au genre littéraire. Si la lettre par
exemple est un genre littéraire, elle est aussi une forme de production textuelle
de la vie quotidienne. Le dialogue est un genre à la fois littéraire et d’usage
quotidien. Le récit est romanesque, mais il peut également figurer dans les
faits divers. L’initiation à ces genres de textes fournit à l’enseignant
l’occasion de faire percevoir aux élèves les ressemblances et les différences
entre genres en général et genres littéraire en particulier.
C/ Les références culturelles :
Partir du
principe qu’il n’y a pas de discours sans références ou objets culturels. A
notre époque, on ne peut se borner de s’appuyer uniquement sur la culture
individuelle des élèves pour nourrir l’étude du discours. Certes, la promotion
de la langue amazigh se fera d’abord avec le souci de faire revivre le
patrimoine de tous les algériens ; la nécessité d’une promotion moderne de
cette langue, implique de s’ouvrir à l’universel, en passant notamment par la
traduction et l’adaptation de textes produits par la littérature et les médias
arabes et universels.
Vu la
cadence avec laquelle sont produits nos programmes et nos manuels, les moyens
humains et matériels, actuellement disponibles pour la recherche et la
sélection de textes et d’ouvrages, nous ne pouvons le faire qu’au jour le jour,
au gré des circonstances.
D/ La lecture, source de plaisir et instrument des
apprentissages :
L’activité
de lecture que les programmes ne considèrent pas plus importante que l’oral ou
l’écriture, a cependant un statut particulier ; c’est celui d’être à la
fois une compétence à acquérir et un instrument de savoirs et d’apprentissage.
Pour former
des lecteurs compétents et autonomes, il existe diverses sortes d’activités de
lecture :
-
La
lecture de documents qui visent la recherche de renseignements précis. La
documentation dans cette discipline étant peu disponible ; il y a lieu
d’orienter les apprenants vers les lieux, organismes ou personnes susceptibles
de les leur procurer, notamment lorsqu’elle s’avère indispensable à la
réalisation d’un projet pédagogique. Les enseignants pourraient suggérer à
leurs élèves de se rendre, dans la mesure du possible, auprès de certaines
personnes âgées pour les écouter et rapporter par écrit des récits sur les
traditions anciennes et des contes amazighs jalousement conservés dans les
mémoires de beaucoup de grand-mères.
Il y a également, la
lecture analytique et détaillée de textes à caractères littéraire, qui vise
l’explicitation de certaines formes signifiante de ces textes. La lecture
cursive de textes variés est aussi une autre forme d’activité. Elle vise aussi
bien la collecte d’informations que le plaisir du texte et du sens. Il existe
diverses manières d’attirer l’attention des jeunes lecteurs, en les faisant
lire, selon les situations et les objectifs de la lecture. En mettant en jeu
ces diverses formes de textes, on peut rendre les élèves capables de les reconnaître, de les comparer, de les
employer à bon escient. Durant le cycle moyen, les élèves seront amenés à
développer la lecture cursive, à être capables de lire de façon réfléchie et
analytique pour devenir des lecteurs autonomes.
2.2- Projets pédagogiques et séquences
d’apprentissage :
A/ Le projet de l’enseignant :
Dans le
cadre des programmes dont les objectifs et les contenus d’ensemble viennent d’être définis, la mise
en œuvre du programme annuel relève
de la
responsabilité
de l’enseignant. Chaque professeur doit prendre la mesure des acquis de ses
élèves, ainsi que leurs rythmes d’acquisition, par une évaluation diagnostique,
au début de l’année scolaire, en vue de les prendre en compte dans l’exécution
du programme. De même, chaque programme annuel propose des contenus dont le
choix et l’adaptation appartient à l’enseignant. Il indique, par ailleurs les
points sur lesquels, une vérification des acquis antérieurs et des actions de
consolidation sont nécessaires. Ces actions sont déterminées par l’enseignant
qui les intègre dans un plan d’études général, en prenant soin de ne pas alourdir
le programme. C’est ce plan d’études qui devient « le projet pédagogique
de l’enseignant », devenant ainsi l’un des moyens d’adapter le
« programme référentiel » à la diversité des établissements, des
classes et des élèves. C’est aussi l’un des éléments de la « pédagogie
différenciée ». Si le programme a pour mission essentielle de fixer les
objectifs à atteindre dans le courant de l’année scolaire concernée, les
situations d’apprentissage dictent la manière de les réaliser.
Prenons
l’exemple d’un « projet intermédiaire dont nous allons parler dans le
chapitre suivant : rédiger une lettre ; si le programme prescrit que
les élèves doivent acquérir la compétence de composer une lettre, c’est à
l’enseignant qu’il revient de décider s’il doit reprendre ou non cette pratique
plusieurs fois dans l’année, notamment s’il s’est avéré que cette pratique ne
répond pas clairement et correctement à son objectif de communication chez un
grand nombre d’apprenants. En visant ainsi l’efficacité et l’installation
effective des compétences chez un plus grand nombre possible d’apprenants, en
invitant les enseignants à plus de souplesse dans l’application des contenus du
programme, on éviterait de reproduire les pratiques élitistes et
discriminations qui ne sont pas dans l’esprit des nouveaux programmes.
B/ Les projets pédagogiques intermédiaires :
Dans le cadre du plan d’action établi par l’enseignant
et qui devient son projet annuel, des projets pédagogiques intermédiaires sont
préconisés. La méthode de travail sur ces projets est fondée sur une démarche
structurée qui aide l’élève dans son processus d’apprentissage. Centrée sur
l’activité individuelle ou de groupe des élèves, elle développe chez chacun la
coopération plutôt que la compétition ; axée sur la résolution des
problèmes, elle réduit l’écart entre la vie scolaire et la vie de tous les
jours. Elle donne à l’apprenant l’occasion de faire appel à des connaissances
pluridisciplinaires, de découvrir ses valeurs et
de réfléchir sur ses attitudes. Cette manière d’acquérir des savoirs dépasse le
cadre fragmentaire des activités scolaires habituelles et ne peut se concevoir
que dans un cadre de tâche global.
Le projet de
l’enseignant peut être structuré sous forme de projets pédagogiques
intermédiaires trimestriels qui auront pour mission d’installer les compétences
proposées dans le programme et d’atteindre les objectifs que se fixe l’enseignant
pour l’année scolaire en cours.
Un projet
intermédiaire permet la maîtrise d’une ou de plusieurs compétences ; il
relève du choix de l’enseignant après concertation avec les élèves qui doivent
y adhérer et être motivés pour sa réalisation.
Le projet
pédagogique qui implique une centration de l’acte éducatif sur l’élève
constitue le cadre intégrateur dans lequel les apprentissages destinés à
installer une ou des compétences, prennent tout leur sens. Il se compose de
séquences d’apprentissage dont le nombre est fonction des objectifs à
atteindre. Chaque séquence est démultipliée en séances qui se déroulent sous
forme d’activités d’apprentissage et de tâches à accomplir. Le projet se
déroule en trois étapes essentielles :
a) L’étape de préparation : L’enseignant qui choisit le thème du projet avec ses
élèves, doit l’ajuster aux compétences visées ; il décide alors du nombre
de séquences et propose une planification des activités, en considérant un
certain nombre de paramètres :
-
Les
élèves travailleront-ils tous sur un même thèmes ou sur des thèmes
différents ? quoi qu’il en soit les thèmes doivent être motivants et
signifiants pour les élèves ;
-
Combien
de temps doit durer un projet ? Cela dépendra du contenu du plan d’action,
de la nature du thème, du degré de motivation des élèves.
-
Quel
rôle tiendrez-vous durant la réalisation du projet ? Vous êtes d’abord le
détenteur du savoir ; mais le plus souvent un guide et un facilitateur qui
décide du concert avec ses élèves. Avec eux vous déciderez du nombre de groupes
à former, du nombre d’élèves par groupe, des critères des regroupements.
-
Dans
cette phase préparatoire, vous parlerez également à vos élèves –qui doivent en
être informés– des modalités d’évaluation : évaluer chaque produit ou le
processus qui a amené à ce produit ? ou les deux à la fois ? évaluer
l’individu ou le groupe ? ou les deux à la fois ? Pour cela, préparer
des grilles d’évaluation ou d’auto-évaluation, ou utiliser celles proposées par
le manuel scolaire. Plus les élèves sont informés sur la manière de les
évaluer, plus ils sont motivés pour la réalisation du projet.
b) L’étape de réalisation : De rôle de guide et de conseiller, vous resterez une
« personne ressource » ; mais vous limiterez à aider vos
élèves :
-
à
définir et à formuler les objectifs ;
-
à
établir un plan de travail en identifiant les besoins, et la méthode de
collecte des informations en fixant un échéancier, en partageant les
responsabilités ;
-
à
concevoir leur matériel de travail ;
-
à
collecter les informations, dans et hors établissement ;
-
à
participer par leurs idées, à les combiner, à les améliorer, à les
classer ;
-
à
se préparer, enfin, à la présentation du produit final.
c) L’étape de présentation du
produit : Le produit
final du projet peut être à dominante écrite ou orale. Pour les apprenants non
amazighophônes, il est recommandé, durant les deux premières années
d’apprentissage, de les faire travailler sur des mini-projets à dominante
orale. Dans les deux cas, les élèves seront encouragés à présenter leur(s)
projet(s) devant une grande audience composée des autres classes, du personnel
de l’établissement et même des invités hors établissement, comme les parents
d’élèves ou d’autres personnalités. Les présentateurs doivent être préparés à
expliquer leur projet aux invités.
Cependant, cette phase de présentation, doit toujours,
être précédée d’une évaluation interne, en vue d’apprécier et d’améliorer le
produit. L’enseignant qui en prend connaissance, peut demander au groupe-classe
de le revoir sous un autre angle. Il en discute honnêtement avec eux, en
apprécie les efforts, et leur montre comment en améliorer le processus et les
produits.
Le projet ayant été présenté à l’étape ultime, il
reste à lui garantir sa destination utile. Dans la phase même de sa conception,
on doit préciser à quoi le produit servira. Différentes façons de l’exploiter
peuvent être envisagées : il sera versé dans le fond documentaire de
l’école, il enrichira la bibliothèque ; s’il s’agit d’une collection de
recettes de cuisine, par exemple, il servira à la famille du producteur
lui-même ; il sera inclus dans le journal scolaire, etc.
C/ Les séquences et les séances d’apprentissage :
Les programmes de langue amazighe proposent de réaliser
les projets par séquences d’apprentissage ; il s’agit d’un mode
d’organisation des activités qui permet de rassembler des contenus d’ordre
différend autour d’un même objectif, sur un ensemble de plusieurs
séances. Cette manière de procéder se
révèle particulièrement
efficace,
parce qu’elle permet de décloisonner, en vue de l’objectif assigné à la
séquence, des activités qui, autrement, pourraient apparaître comme dissociées.
C’est ainsi que les apprenants percevront les liens qui existent dans la
pratique, entre la lecture, l’oral et l’écriture ; entre les textes lus ou
écoutés et le vocabulaire, l’orthographe, la morphosyntaxe. Les séances
consacrées aux outils de la langue sont intégrées aux séquences, au service de
ces activités. L’objectif global des séquences d’un projet étant la maîtrise
d’une forme de discours, il est logique que les élèves puissent appréhender ce
qui relie la diversité des exercices qu’ils réalisent.
Chaque
compétence partielle visée par une séquence, se développe à travers les
objectifs fixés pour les séances d’apprentissage qui assurent ainsi
l’intégration des savoirs acquis. Les sous compétences se développent dans
l’action et s’intègrent au fur et à mesure
que se construit le projet dont l’évaluation atteste du degré d’acquisition de
la compétence ou des compétences attendues.
A l’intérieur
des séquences, chaque séance d’apprentissage s’organise autour d’une activité
dominante, clairement identifiable par les élèves, notamment dans leur manuel
scolaire qui doit leur rappeler, d’une façon régulière, le lien entre les
séances : comprendre un texte lu ou écouté, vocabulaire, grammaire,
conjugaison, orthographe, production d’écrits. Chaque séance d’apprentissage
doit être suivie d’une évaluation formative. D’une séance à l’autre, ou dans la
même séance, les modalités de travail et les activités d’apprentissage doivent
être variées : travail individuel ou collectif, oral ou écrit, moment
d’écoute ou de prise de parole, temps de recherche ou de production d’écrits …
Les
séquences d’un projet varient entre deux ou cinq à six, en fonction des
objectifs qu’on leur assigne, du volume horaire hebdomadaire affecté à la
discipline, l’effectif de la classe et son profil, de l’importance du projet
lui-même.
L’horaire
hebdomadaire affecté à la discipline étant actuellement de 3 heures durant le
cycle moyen, il est souhaitable et logique de programmer des projets
trimestriels et des séquences bi-hebdomadaires, pour donner une certaine
souplesse à la diversification des séances et des activités au sein de chaque
séquence, et permettre en même temps d’organiser, si nécessaire, des
« séances hors séquences ».
Ces séances
ou activités peuvent prendre place dans la classe, sans être intégrées dans une
séquence. Les types d’activités hors séquences peuvent être des rappels ou des
rattrapages en orthographe ou en construction de phrases ; en tous cas,
tout ce qui peut s’avérer utile, en toutes circonstances, dans le cadre des
objectifs de l’année. Il peut s’agir, également, de la prise en charge d’un
événement imprévu, susceptible de mobiliser l’attention des élèves, tels la
célébration d’un événement historique, les manifestations sportives, les
catastrophes naturelles, les problèmes de pollution ou de pénurie, la compagne
de reboisement …
Les
activités en rapport avec ces irruptions dans la vie de la classe, ouvriront
ainsi l’espace de parole à des discussions libres, à la rédaction d’un écrit, à
la lecture d’affiches, d’articles de presse, tout à fait en dehors du projet en
cours de réalisation.
L’organisation
d’un projet en séquences, comme d’ailleurs le choix de celui-ci -en concertation avec les apprenants-
relève de la responsabilité de l’enseignant. A l’intérieur des séquences, les
séances sont organisées d’une manière souple ; l’enseignant, en fonction
des objectifs de la séquence et des possibilités d’assimilation des élèves,
peut consacrer plus d’une séance d’apprentissage consécutives à une même
activité. Toutefois, la répartition des heures sur l’ensemble du projet, doit
être équilibrée et proportionnées au contenu du plan d’action du trimestre.
2.3- Evaluation et critères :
A/ L’évaluation initiale :
De la 1ère
à la 4èmeAM, les programmes donnent des indications assez précises
sur les profils d’entrée et de sortie attendus des apprenants. A partir de ces
indications, l’enseignant mesure, au début de chaque année les acquis des
élèves, afin de préparer son propre programme annuel d’action, adapté à la
situation pédagogique de la classe. Le choix des moyens relève de son
initiative. On peut suggérer de faire passer aux élèves, une (ou des épreuves)
d’évaluation qui vise un double objectif :
-
faire
connaître à chacun ses acquis et ses manques, au début de l’année
scolaire ;
-
préparer,
à partir des résultats de cette évaluation, du programme annuel, de la liste
des projets pédagogiques proposés, son propre projet pédagogique annuel.
B/ L’évaluation des séquences et des projets :
Les programmes de l’enseignement moyen préconisent
l’évaluation formative des apprentissages. L’enseignant, à cet effet, ne doit
pas se borner à une évaluation unique de contrôle en fin de séquence ou de
parcours ; il y a diverses formes d’évaluation intermédiaire, dite
formative. Elle s’effectue dans les domaines de la lecture, de l’écriture et de
l’oral. Au vu des résultats de ces exercices, l’enseignant régule la fréquence
et le rythme des activités d’apprentissage, afin d’assurer au mieux les
acquisitions des élèves.
En fin de
séquence, l’évaluation porte sur un exercice ou un ensemble d’exercices à
caractère intégratif. Cela veut dire qu’on aura soin, en élaborant ces
exercices de ne pas séparer les évaluations des outils de la langue des
exercices de
lecture,
d’écriture et d’oral. On mesure alors à quel degré, les objectifs fixés pour la
séquence ont été atteints.
Si cette
évaluation continue a montré que certains objectifs n’ont pas été atteints, on
peut envisager de les reprendre dans une séquence ultérieure.
Au cours de
la réalisation du projet, de séquence en séquence, les élèves sont informés de
leurs progrès collectifs et individuels. On peut même leur permettre, en leur
proposant des grilles d’auto-évaluation, de s’informer directement des
résultats obtenus.
Une grille
d’évaluation à l’usage de l’enseignant est proposée à la fin de chaque projet
réalisé.
C/ Les critères de l’évaluation :
L’erreur commise
dans un exercice est à analyser comme un signal indiquant une difficulté et non
une faute. Un exercice ou une tâche est considéré comme réussi, s’il satisfait
aux critères retenus en fonction de l’objectif de la séquence. Les critères de
réussite d’un exercice ou d’une activité, sont déterminés en analysant les
compétences qui s’y trouvent mises en jeu, sans oublier qu’il y a également des
traits spécifiques de l’écrit et des traits spécifiques de l’oral qu’il faut
prendre en compte dans la détermination de ces critères.
Prenons
comme exemple : l’objectif d’une séquence qui consiste à installer la
compétence partielle « rédiger la situation initiale d’un conte ».
a) Les éléments de cette compétence qui
serviraient de critères d’évaluation, seraient alors :
-
être
capable d’identifier la situation initiale de conte ;
-
repérer
le (ou les) personnage(s) annoncé(s) ;
- identifier les indicateurs de temps et de lieu.
b) Les traits spécifiques de l’écrit à
prendre en compte seraient : la mise en page, la ponctuation, la
calligraphie, etc.
c) Les traits spécifiques de l’oral
seraient : la prononciation, l’intonation, le rythme, etc.
L’ensemble de ces critères est indiqué clairement aux
élèves. Dans le cas où l’activité ou l’exercice oral ou écrit satisfait
entièrement aux critères retenus, il est normal de les gratifier de la note
maximale. Il va de soi que si les notes obtenues par une majorité de la classe
sont constamment faibles, il y a lieu de revoir le plan et le rythme de la progression et de procéder à des consolidations.
Des appréciations orales
ou
écrites, formulées de façon précise, doivent accompagner les notes
chiffrées ; elles renseignent l’élève sur ses réussites et ses échecs et
l’incitent à mieux faire. Il va sans dire que les critères d’évaluation retenus,
doivent également être pris en compte dans l’élaboration des grilles
d’auto-évaluation et des grilles d’évaluation à l’usage des enseignants.
2.4- L’amazigh, langue seconde :
A/ Objectifs généraux :
L’amazigh,
langue seconde concerne les élèves non amazighophônes. Ils sont inscrits dans
les établissements des régions amazighophônes où ils constituent, par rapport à
cette langue, des minorités linguistiques ; ils étudient dans certaines
villes où sont ouvertes des classes de langue amazighe. On se trouve ainsi
devant des groupes d’apprentissage qui réunissent les élèves des différents
niveaux. Les programmes de langue amazighe proposent pour les non
amazighophônes, un renforcement de la pratique orale au détriment de l’écrit
durant les deux premières années. Vers la 4èmeAM, amener
progressivement cette catégorie d’apprenants à l’équilibre entre l’oral et
l’écrit.
Il est recommandé, pour faire face au problème de
l’hétérogénéité de ce public scolaire, de se conformer à l’un des principes
essentiels de l’approche par compétences en appliquant la pédagogie
différenciée ; en cas de difficulté inhérente au manque de formation des
enseignants de cette discipline, on peut se référer à l’exemple des classes dites
« uniques », où le professeur constitue des groupes par niveau et
s’efforce d’appliquer des programmes spécifiques à chaque niveau dans le cadre
d’une coexistence pédagogique active. Le but d’une telle situation consiste à
rapprocher progressivement ces niveaux pour les intégrer plus tard. Le succès de
cette modalité d’enseignement est conditionné par la régularité de la
fréquentation des cours et le suivi des apprentissages.
La langue
amazighe n’étant pas étrangère aux enfants algériens, son apprentissage en tant
que langue seconde en contexte scolaire, conduit les élèves qui sont en immersion
dans un milieu « algérophône » de langue populaire commune, à
progresser facilement dans l’acquisition de la langue scolaire.
B/ Contenus et méthode :
Concernant les élèves non amazighophônes, les contenus
et les méthodes d’apprentissage doivent associer les didactiques de la langue
maternelle et de la langue seconde, selon les objectifs suivants :
comprendre et s’exprimer dans des situations de communication orale et écrite.
L’enseignant
qui élabore les séquences d’apprentissage pour cette catégorie d’apprenants,
doit viser les différentes compétences linguistiques et culturelles, en
choisissant les moyens didactiques les plus appropriés à la situation de leurs
élèves et les contenus les mieux adaptés à leurs besoins et à leurs capacités.
a) La pratique de l’oral :
La priorité doit d’abord être accordée aux activités de communication orale.
Les exercices doivent être variés et contextualisés : pratiques de
créativités verbales, jeux de rôles et simulations, afin de favoriser les
échanges entre les élèves et de développer leur autonomie de locuteurs. A
travers les situations d’oral authentiques, telles les conversations
enregistrées, les documents radiophoniques et télévisuels, les apprenants
arrivent à maîtriser la variété des accents, l’intonation, l’expression
gestuelle et corporelle dans la communication.
Au contact des locuteurs amazighophônes, ces pratiques
scolaires d’apprentissage de l’oral seront enrichies par les apports lexicaux
et communicatifs. L’évaluation des acquis doit, tout d’abord, porter sur la
compétence de communication orale.
b) L’apprentissage de la lecture :
En dehors de l’alphabet Tifinagh utilisé exclusivement chez les touaregs, les
systèmes d’écriture latine et arabe sont globalement acquis par les apprenants.
Ces deux systèmes sont cependant partiellement adaptés à la langue amazighe, en
y introduisant un mode de transcription spécial dans le souci d’une meilleure
facilitation de la lecture et de l’orthographe. C’est la raison pour laquelle
l’enseignement de la lecture continuera, en 3èmeAM et 4èmeAM,
à viser un double objectif :
-
la
maîtrise des deux modes de transcription latine ou arabe, selon le système
choisi ;
-
l’apprentissage
de l’autonomie de lecture, à savoir :
·
découvrir
le livre comme objet ;
·
approcher
la page dans le manuel, à partir de ses composantes ;
·
repérer
des indices ;
·
identifier
des types de textes variés ;
·
utiliser
le lexique connu pour faire des hypothèses sur les mots nouveaux ;
·
manipuler
un dictionnaire pour la recherche du sens, cette pratique étant la compétence
transversale visée dans les autres langues, dans la mesure où l’élève peut
disposer d’un dictionnaire amazigh.
Quel que soit le niveau des apprenants, les
enseignants et les auteurs de manuels doivent proposer des textes adaptés à
leurs compétences linguistiques et à leurs acquis culturels. Dans l’état actuel
de la production en langue amazigh, il est recommandé de recourir à la
traduction de textes arabes ou étrangers.
c) L’expression écrite : L’apprentissage se fera par le moyen des activités
d’entraînement variées. Il visera le passage des apprenants, de la production
d’énoncés rudimentaires, (mots, phrases courtes), à une expression élaborée et
construite. L’essentiel est que ces exercices d’entraînement soient fréquents
et variés. Les erreurs des élèves doivent être considérées comme des
témoignages d’un apprentissage entrain de se faire.
d) Les outils de la langue : Les textes
et documents, étant choisis en fonction du niveau des élèves et associés aux
objectifs de communication de la séquence d’apprentissage (un conte, une
lettre, un texte publicitaire, un fait divers), l’enseignant amène ses élèves à
réfléchir sur la structure de la langue amazigh, à appréhender des
ressemblances et des différences avec sa langue maternelle, à mémoriser les
notions de grammaire et de conjugaison. L’apprentissage implicite de ces
notions doit être associé à la lecture, à l’écriture et à l’expression orale.
Il s’inscrit dans la pratique « d’actes de paroles » et d’activités
communicatives contextualisant les exercices : saluer, se présenter ou
présenter quelqu’un, demander ou donner des renseignements, accepter ou
refuser, exprimer une préférence, etc.
On mettra l’accent sur l’acquisition progressive d’un
lexique adapté aux besoins communicatifs des apprenants.
Ces derniers doivent se constituer durant leur
scolarité, un stock lexical important, couvrant : le vocabulaire d’usage
scolaire, le vocabulaire thématique lié aux textes de lecture, les familles de
mots, les synonymes, les antonymes. L’apprentissage et l’acquisition de ce
stock ne seront effectifs que grâce aux exercices d’application et de
production auxquels sont conviés les élèves en cours de déroulement des
séquences et des projets.
3- L’amazigh en 4èmeAM :
3.1- Consolidation et sensibilisation au patrimoine
amazigh :
Les actions
de consolidation sont très importantes, après un cycle d’apprentissage de trois
années ; elles consistent à apporter une aide aux élèves qui en ont besoin
dans les domaines de la lecture, de l’écriture et de l’oral. Ces actions font
partie intégrante du projet annuel global et visent à davantage d’autonomie en
lecture, comme le recommande le programme. Elles ne doivent pas donc se limiter
à des travaux sur les outils de la langue, comme c’est le cas actuellement,
chez beaucoup d’enseignants. Il est recommandé de faire porter l’attention sur
l’utilisation du dictionnaire, l’écriture lisible et soignée, la saisie de la
signification globale d’un texte. On peut, également, faire porter la
consolidation sur d’autres points du programme, en fonction de l’analyse de la
situation ou des constats dressés en fin de 3èmeAM. Bien entendu,
une évaluation adaptée des actions de consolidation doit être faite.
En 4èmeAM,
les élèves devenus des lecteurs autonomes, doivent être sensibilisés au
patrimoine amazigh ancien : les contes « Timuchuha », les
traditions des ancêtres, les arts traditionnels, les écrits sur l’organisation
sociale des Djemaâ, etc…
L’objectif de cette sensibilisation est double :
-
initier
les apprenants à la connaissance d’une culture orale fondatrice des variantes
amazighes actuelles : le kabyle, le chaoui, le mozabite, le chenoui, le
tergui, etc.
- permettre à chacun de repérer dans la vie sociale, économique et culturelle de l’Algérie, l’héritage d’une civilisation millénaire. Dans le lexique amazigh, aider à identifier un certain nombre de racines targuies, conservées à travers plusieurs siècles, découvrir les origines arabes de mots amazighs et les origines amazigh dans les pratiques langagières de l’arabe algérien, en particulier les noms de villes, de localités, de cours d’eau, de plantes, etc. Il est important, à cette occasion, de faire comprendre ce que ce lexique, ces racines, ont de fécond, d’enrichissant pour la promotion de la langue amazighe.
3.2-
L’amazigh pour les non-amazighophônes :
L’enseignement
de la langue amazighe aux non-amazighophônes, doit tenir compte de quelques
aspects spécifiques à cette catégorie d’apprenants :
A/
Les activités de l’oral :
Elles sont
associées aux activités de l’écrit, notamment par la lecture de textes à haute
voix. Il s’agit surtout d’évaluer la compétence de l’élève à faire la
correspondance entre l’écrit, la prononciation et l’intonation. Des exercices
de descriptions orales sont recommandés pour évaluer la capacité des apprenants
à se servir du lexique acquis à travers les textes lus ou écoutés. On partira
de l’observation des illustrations du manuel ou d’autres dessins, ainsi que de
l’environnement immédiat, pour leur demander de décrire ce qu’ils voient.
L’écoute d’enregistrements est également souhaitée pour
leur apprendre à être attentif au rythme des locuteurs amazighophônes et à
leurs accents et niveaux de langage.
B/ Les activités de lecture :
L’objectif
étant d’en faire des lecteurs autonomes, la lecture dans le système d’écriture
adopté, doit s’exercer avec des extraits de contes et de cours paragraphes
descriptifs. A ce niveau d’apprentissage, il est recommandé de ne pas se
limiter aux textes du manuel scolaire ; d’autres textes documentaires ou
porteurs de références culturelles, d’extraits traduits de la littérature de
jeunesse, peuvent être progressivement proposés pour permettre d’élargir
l’horizon culturel des élèves et leur donner l’occasion de comparer les
ressemblances et les différences.
C/ Les activités d’écriture :
Les élèves
qui ont fait deux années d’apprentissage d’écriture dans le système adopté,
peuvent à présent passer de la production d’énoncés rudimentaires, à la
production d’écrits, de plus en plus élaborés et construits. Les conjonctions
de coordination des phrases et de subordination, sont des compétences que l’on
doit commencer à développer. Cela, ne dispense pas les élèves de continuer les
exercices graphiques dans le système d’écriture. L’écriture de l’ordre
chronologique dans un récit, doit viser le passage de l’oral à l’écrit.
L’utilisation d’un brouillon et sa réutilisation, doivent être systématisés
dans le but d’installer des habitudes de relecture et d’auto-correction.
D/ Les outils de la langue :
L’apprentissage
des outils de la langue à ce niveau, doit dépasser progres-sivement l’implicite
et la pratique des « actes de paroles », vers la découverte et
l’explicitation des notions grammaticales, morphologiques, orthographiques
et leur
mémorisation. Ces notions sont toujours associées à l’écriture, l’expression et la lecture de textes choisis en fonction du niveau des élèves et étroitement liées aux objectifs de communication de la séquence d’apprentissage.
3.3- L’amazigh pour les amazighophônes :
A/ La lecture :
a) Rappel des objectifs :
L’objectif global de l’enseignement de la lecture au cycle moyen, est de
permettre d’accéder pleinement au plaisir de lire. Ce stade de la lecture ne
peut-être atteint que si on amène les élèves à diversifier leurs formes de
lecture et à découvrir les genres de textes et leurs sources culturelles.
Arrivés en 4èmeAM, après deux années
d’apprentissage de la langue amazighe et des systèmes spécifiques d’écriture,
après plusieurs années de scolarité et de pratique des systèmes d’écriture
latine et arabe, les élèves –dans la majorité– savent lire. Pour ceux qui
continuent à avoir des difficultés de lecture, des actions de consolidation
s’imposent. Il est recommandé, pour le déchiffrage et la saisie globale du sens
d’un texte, d’organiser les rattrapages en groupes restreints.
Cependant, les élèves qui savent lire, ne savent pas
encore tout lire, ni toutes les façons de lire. C’est durant cette année et
l’année suivante, qu’ils doivent prendre conscience de la diversité des formes
de lecture, de les pratiquer, de les reconnaître, de les comparer. L’accent est
mis sur l’approche diversifiée de textes à dominante narrative, aisément
accessibles à la compréhension et à la sensibilité des élèves. Le programme en
retient : le récit, le conte et les formes de discours liées à la
narration, comme les textes descriptifs, prescriptifs, explicatifs et une
sensibilisation à l’argumentatif.
Ces objectifs sont le point de départ pour l’initiation
des apprenants aux productions orales et écrites de mêmes genres.
b) Sources et genres de textes à
lire :
1- Les sources culturelles des textes à
lire :
En utilisant pour la lecture des extraits du patrimoine
amazigh ancien, on permet à l’élève de se situer dans le temps et d’acquérir
des références culturelles qui le mettent en contact personnel avec l’histoire
ancienne de son pays. Un grand travail reste à faire, en ce qui concerne la
récupération du patrimoine littéraire amazigh. C’est le rôle de l’école, des
associations culturelles, des familles qu’il faut solliciter pour leur
participation à ce travail.
Les textes
ainsi récupérés vont entrer dans l’organisation des séquences d’apprentissage.
Ils constitueront des pivots autour desquels s’organiseront des travaux d’étude
du discours, de langue, des éléments de vocabulaire, de lecture à haute voix,
d’écriture comme la composition d’un récit, des travaux documentaires comme la
recherche sur les personnages historiques ou mythiques.
D’autres
extraits de textes, en relation avec l’histoire moderne et la vie contemporaine
de l’Algérie seront proposés aux élèves pour la lecture.
2- Les genres de textes à lire :
En plus des textes d’inspiration ancienne et auxquels
on ne peut se limiter, une place de plus en plus importante doit être faite à
la littérature de jeunesse. Pour cela, un effort particulier doit être accordé
par les enseignants et les auteurs de manuels, à la traduction de ce genre de
textes qui fait cruellement défaut à la discipline amazighe. Avec le concours
de tous, ce vide doit être comblé ; car les jeunes lecteurs ont besoin,
comme tous les jeunes du monde, d’entendre parler d’eux-mêmes à travers des
œuvres écrites à leur intention, dans la langue qu’ils étudient et dans la
sensibilité d’aujourd’hui. Il est établi que ce genre de textes, peut favoriser
chez les jeunes, le goût de lire qui est l’objectif primordial. Le discours
narratif de contes anciens, le récit dans la littérature pour la jeunesse, la
poésie qui répond au goût qu’ont naturellement les enfants pour ce genre de
langage, les extraits de pièces de théâtre dont le genre peut donner lieu à des
pratiques orales et sensibiliser les enfants aux caractéristiques du
dialogue ; ce sont là des genres de textes à recommander pour la lecture.
A l’occasion de ces lectures, on donne aux apprenants l’opportunité de repérer les principales « lois du genre » ; en discernant les constantes de la structure narrative, la musique des mots dans la poésies, les caractéristiques du dialogue dans le théâtre.
Toutes les
manières de conduire au plaisir de lire sont bonnes. Il s’agit de varier les
approches de lecture au cours de l’année, depuis la simple écoute orale d’un
texte à haute voix jusqu’à la lecture cursive dans ou hors manuel, en passant
par les récits produits par les élèves eux-mêmes, qui deviennent aussi des
objets de lecture à part entière dans la classe.
Concernant
les textes informatifs et documentaires, ces derniers feront l’objet d’une
lecture cursive, dont l’enjeu est de taille pour habituer les élèves à les
explorer dans la recherche d’information diverses et promouvoir ainsi leur
autonomie de lecteurs.
Le programme
de 4èmeAM, attire l’attention des enseignants sur la nécessité de
former des lecteurs autonomes. Trois activités essentielles peuvent contribuer
à atteindre cet objectif :
a) L’utilisation du
dictionnaire : En
attendant la disponibilité de cet important auxiliaire de l’élève, il est
important que les établissements où la langue amazighe est enseignée, se
dotant, au moins, d’un des dictionnaires bilingues disponibles actuellement sur
le marché. On suppose que la pratique du repérage alphabétique en caractères
latins ou arabes est déjà maîtrisée, à ce niveau, en langues arabe et
étrangère. Des actions de consolidation sont recommandées pour perfectionner
cette pratique. La fréquentation d’un dictionnaire est utile, aussi bien en
matière d’acquisition orthographique que d’enrichissement lexical. Tout au long
de l’année, le maniement du dictionnaire doit être répété et fréquent. C’est la
meilleure façon de former des lecteurs autonomes.
b) L’utilisation du manuel
scolaire : Initier les
élèves à la « fréquentation » de leurs manuels, n’est pas moins
important pour accéder à l’autonomie de lecture. Les enseignants sont invités,
en début d’année, à porter un regard sur la composition de leurs manuels
scolaires : feuilletage en commun, observation de la table des matières,
lecture de la présentation qui leur permettent d’en visualiser les objectifs et
les contenus d’ensemble. On peut même aller très loin dans l’observation, en
remarquant les auteurs, l’année de publication, l’éditeur, les chapitres, les
mots-clés, les ensembles rédactionnels, les illustrations. C’est une véritable
culture de manuel scolaire.
c) Les ouvrages documentaires : Ils constituent un complément nécessaire des extraits
du manuel et même du dictionnaire. On invite les élèves à recourir à la lecture
de ces documents, dans le but de chercher des réponses à des questions
concrètes qui se posent dans leurs travaux (des dates, des informations sur un
personnage historique ou un homme de lettres, des indications pour un travail
de rédaction personnelle. Ces pratiques peuvent être associées à des travaux
sur la langue, tels l’emploi des phrases, la distinction entre un élément de grammaire
et un autre ; comme elles peuvent être associées à des travaux
d’écriture : il s’agit de convaincre les élèves, par de telles pratiques,
qu’une production personnelle d’écrits, peuvent aussi avoir besoin de
ressources et d’informations, comme par exemple, transformer un fait divers en
conte merveilleux, sur la base d’une structure narrative identique.
3- Le texte et l’image :
Quel est le rôle de l’illustration qui accompagne la
plupart des textes de lecture ?
Au niveau de
cette 4ème année d’apprentissage, l’image dans un manuel scolaire
doit essentiellement faire reconnaître aux élèves les formes de discours
qu’elle induit. Conformément au programme, l’image aide à découvrir la
dominante narrative, à identifier les dominantes descriptive et argumentative.
En effet,
les illustrations de textes peuvent avoir fonction de narration. A travers ce
qu’elles suggèrent, on peut lire le cheminement des éléments atmosphériques qui
mènent à l’orage, les évolutions de la chenille au papillon ; comme on peut
imaginer la nature et le contenu d’un conte ancien
que suggère un narrateur aussi au coin du feu. Certaines images peuvent avoir
fonction de description : par exemple, une scène de fête traditionnelle
qui donne l’occasion de relever les informations visuelles que recèlent les
costumes, les usages et les couleurs, leur pertinence par rapport au texte
qu’elles illustrent.
D’autres
images peuvent avoir fonction de « preuves » et d’argument pour
appuyer une opinion ; ce sont les photos de presse, les reproductions de
documents authentiques. On s’en servira alors pour convaincre le lecteur, le
sensibiliser à l’argumentation.
Les auteurs
de manuels doivent donc accompagner leurs textes par des illustrations où ces
dominantes sont repérables par les élèves.
4- Les modalités pédagogiques de la lecture :
L’activité de la lecture étant essentielle à ce niveau
d’apprentissage qui vise de former des lecteurs autonomes, les élèves doivent
constamment être mis en contact personnel et direct avec les textes. Cela doit
s’appliquer aussi bien aux textes littéraires et documentaires qu’à ceux
produits par les élèves eux mêmes. L’enseignant les fait lire à haute voix ou
les distribue pour la lecture silencieuse.
a) La lecture cursive et variée :
Quel que soit le genre de texte à faire lire, la lecture cursive doit être
variée ; cela veut dire celle qui chemine dans un texte, du début à la
fin ; mais aussi bien celle qui ne concerne qu’une partie. Pour un texte
long, elle peut consister à lire le début et la fin, et à reporter le reste à
plus tard. S’agissant de la lecture d’un journal ou d’un autre texte,
informatif, on peut se contenter de parcourir les titres ou s’attacher
seulement à un article ou à l’information recherchée.
C’est cette lecture courante qui prépare à la vie. Par
cette pratique, on doit viser le but final qui consiste à lire les textes longs
ou courts, du début à la fin, d’une manière rapide et saisissant bien le sens.
La pratique est tantôt à haute voix, tantôt silencieuse, visant la
compréhension d’ensemble d’un texte court qu’on vérifie par un exercice
collectif : questions orales, résumé oral ou écrit, reformulations. Les
textes longs sont proposés hors classe ; là encore, un exercice
d’évaluation est nécessaire.
b) L’étude des textes :
Cette activité se distingue nettement des modalités de lectures précédentes.
Elle permet de faire franchir aux élèves une autre étape dans leur contact avec
les textes : ils acquièrent des habitudes d’observations et de méthode.
C’est une étape qui se prépare avec les séances de lecture silencieuse et
autonome.
Au début de l’année, on commence souvent par des
activités de consolidation :
-
disposition
du texte, mise en page, ponctuation ;
-
recherche
de signification à partir du vocabulaire de base et des instruments de liaison
et des accords.
Ce travail se déroule en classe ; cependant, on
peut commencer à habituer les élèves à préparer leur texte avec des questions
d’orientation de recherche.
Quelle que soit la nature du texte, on aura soin de
les aborder par les formes de discours, les marques stylistiques ; on
initiera les élèves aux notions d’auteur, de narrateur, de personnage, de
structure de texte. On apprendra à l’élève de conduire ses lectures avec
méthode, en l’habituant à un questionnement précis, aux questions d’énonciation,
aux éléments de l’histoire (espace, temps, personnages, événements). On
s’appuie pour cela sur une étude des faits de langue. On met le texte en
rapport avec son paratexte (titre, chapeau, notes explicatives, et avec le
hors-texte).
B/ L’écriture :
L’activité
d’écriture à ce niveau, se situe dans la continuité des apprentissages acquis
durant les deux années précédentes. L’élève a déjà été initié à la manière
d’organiser ses écrits. En 3èmeAM, il doit acquérir davantage
d’autonomie dans la pratique des écrits courants : adresser ses travaux à
autrui, le faire pour soi-même en s’exerçant à la prise de notes.
Parmi les
principales nouveautés du programme de 3èmeAM et 4èmeAM,
on insiste sur l’écriture pour soi-même (avoir un carnet de notes
personnelles), la prise en compte des destinataires quand on écrit, l’écriture
narrative avec ses spécificités. Ainsi, l’élève prendra de plus en plus
conscience que l’écriture est une activité de communication conduite d’une
manière construite et réfléchie.
1- Rappel des objectifs :
Ecrire pour
soi-même est l’un des objectifs visés en apprentissage d’écriture. Il y a des
situations où l’élève produit des écrits dont il est lui-même destinataire. Il
le fait en utilisant un cahier de textes, un classeur qui sont des moyens qui
permettent la mise en mémoire d’informations concernant sa vie d’élève.
L’enseignant doit avoir le souci de vérifier régulièrement la bonne tenue de
ces supports. Pour atteindre ce premier objectif qui consiste à rendre l’élève
autonome dans la pratique de ce type d’écriture, on le fait progresser au moyen
d’activités telles que : copier, recopier, écrire et réécrire, trier,
titrer, lister, prendre des notes.
Le second
objectif visé dans l’apprentissage de l’écrit, consiste, dans la majorité des
cas, à faire prendre conscience à l’élève, de la réalité du destinataire de son
écrit. Quand on a conscience que notre écrit est destiné à quelqu’un de réel ou
de fictif, il est bon que sa place et son rôle soient définis et précis. Cela
facilite beaucoup le travail d’organisation et de rédaction du texte ; il
est donc recommandé de proposer des situations d’écriture qui mettent en
relation les élèves avec ces personnes réelles ou fictives.
Un autre
objectif non moins essentiel à l’écrit, est celui de la lisibilité. Qu’on
écrive pour quelqu’un d’autre ou pour soi-même, l’exigence fondamentale est la
lisibilité. Tout élève qui écrit, doit d’abord pouvoir relire facilement ce
qu’il vient d’écrire, que ce soit un texte copié ou produit. Il doit pouvoir
également être lu sans difficulté par une autre personne. A cet effet, on
insiste particulièrement sur l’usage du brouillon et sur la différence entre le
brouillon et le brouillon et le propre.
L’enseignement
de l’orthographe, considéré comme un des fondements de la lisibilité et comme
condition de bonne communication écrite, doit être maîtrisé progressivement par
l’élève, à l’occasion des activités des outils de la langue.
Enfin, un
autre objectif doit être visé en écriture : c’est celui de donner à l’élève
les moyens de satisfaire son plaisir de s’exprimer et de communiquer pour
susciter en lui le plaisir d’écrire. Il s’agit de faire prendre conscience à
l’élève que son écrit doit produire un effet sur le lecteur. Son plaisir
d’écrire va provenir de son désir de faire plaisir à celui
qui va le lire. Il doit pour cela, faire son possible pour le
surprendre,
l’émouvoir,
l’amuser, l’intéresser. Nous voyons que le plaisir d’écrire ne s’arrête pas à
celui de calligraphier ou d’illustrer ; il est aussi celui d’inventer et
d’imaginer les attentes de son lecteur.
2- Les textes à produire :
Au début de
l’année, commencer à faire percevoir à l’élève ce qu’il y a de commun et de
différent entre l’oral et l’écrit. On pratiquera régulièrement des exercices de
reformulation pour passer de l’énoncé oral à l’énoncé écrit.
En 3èmeAM,
il s’agit d’amener les élèves à produire des récits cohérents. La cohérence du
récit narratif consiste à rapporter des événements qui permettent de comprendre
l’histoire grâce à leur enchaînement selon l’ordre chronologique. L’apprenant
doit être capable de mettre en place des constituants du récit. On n’attend pas
de lui la production de récits complexes avec diverses formes de
discours ; mais en racontant, il peut commencer à introduire des
descriptions. A ce niveau, les élèves peuvent produire leurs textes en
s’appuyant sur un texte d’autrui, étudié en classe ; ils peuvent ainsi
pratiquer des exercices d’imitation les plus variés : imiter une forme de
discours, une situation, un style. Les meilleures productions des élèves
peuvent être celles qui s’appuient sur l’expérience personnelle. La 1ère
personne (je, moi) objet de situation d’énonciation peut entraîner des
problèmes rédactionnels propres. Le récit en rapport avec l’expérience
personnelle, exige un effort de construction particulier, en raison de sa relation
avec les événements réels. Il donne, en revanche, toute sa dignité à
l’expérience vécue par l’élève lui-même. On doit être particulièrement attentif
à la variété des destinataires, notamment, l’écriture épistolaire. On s’en
tient dans ce domaine, à la lettre narrative. Le récit est alors orienté,
organisé, en fonction d’un ou de plusieurs destinataires précis. Ce mode
d’écriture, permet à l’élève d’acquérir les moyens d’exprimer sa sensibilité et
son imagination.
3- Les modalités pédagogiques de l’écriture :
Il y a deux
manières de produire des écrits :
-
des
exercices brefs et fréquents qui visent à faire acquérir des moyens d’écrire
(syntaxe, stylistiques, lexicaux) ;
-
des
exercices plus élaborés qui visent, en fin de séquence, (ou de projet) à
contrôler les acquis.
Les deux catégories d’exercices sont proposées
accompagnées de supports (mots, textes, images, objets). Les consignes, pour
les faire, doivent être explicites ; elles s’accompagnent des principaux
critères selon lesquels le travail sera évalué.
L’élève doit
disposer de suffisamment d’éléments qui lui permettent de comprendre la tâche
qui lui est demandée, ainsi que la façon d’être évaluée.
Quant au lieu
de réalisation de ces exercices, il n’y a pas mieux que la classe, en présence
de l’enseignant qui prend la mesure des points forts et des difficultés qui
surgissent. Les exercices proposés hors classe sont principalement à envisager
comme travaux préparatoires. En classe, ils s’effectuent individuellement ou en
groupe. Lorsqu’il s’agit de contrôler les acquis des élèves, on privilégie les
situations de production individuelle.
Dans le
cadre de la réalisation d’un projet pédagogique, on peut conclure ainsi :
-
les
exercices qui visent à faire acquérir des moyens, d’écrire sont proposés en fin
de séquence ; ils auront été préparés au fil de chaque séquence par la
lecture, l’étude de textes et le travail de tel ou tel outil de la langue.
-
Les
exercices de production écrite qui visent à contrôler les acquis des élèves,
constituent la synthèse des activités effectuées au fil des différentes
séquences et couronnent le projet.
L’évaluation
de l’enseignant consiste à mettre en valeur les réussites, à donner des explications,
à proposer à chacun des exercices sur les points qui n’ont pas été assimilés.
Il insiste, pour ce niveau d’apprentissage, sut tout ce qui a trait au discours
narratif. Il peut inviter les élèves à des reformulations individuelles de
passages de leurs copies contenant des erreurs, en tenant compte de ses
annotations.
C/ L’expression et la communication orales :
Dans toutes
les variantes de la langue amazighe, les élèves pratiquent spontanément la
communication orale dans la variante maternelle. Cela est dû au fait que ces
variantes sont restées très longtemps d’expression orale exclusivement. Nous
pouvons donc dire que l’enseignement de tamazight s’appuie ainsi sur ce qu’ils
connaissent et pratiquent déjà. Cependant, l’objectif de cet enseignement doit
viser l’initiation des élèves à une pratique plus raisonnée de l’oral qu’ils ne
maîtrisent pas ; comme il doit viser leur familiarisation avec des
situations de communication variées, sachant qu’il existe plusieurs types de
pratiques orales.
Au niveau de
la 3èmeAM, on continuera à insister sur le développement de la
capacité d’écoute et de prise de parole d’une manière ordonnée : tours de
parole, reformulations, dialogue entre les élèves. Tout cela exige l’entraînement
à un oral préparé. Cela étant, le but principal des exercices d’expression et
de communication orales, est d’encourager les élèves à revenir à une
spontanéité raisonnée et ordonnée.
1- Les situations d’expression orale :
a) La récitation de textes : Le
manuel scolaire doit proposer un certain nombre de textes poétiques. Il est bon
que les élèves les apprennent « par cœur ». on peut leur proposer
également des textes en prose, de plus en plus longs. La récitation de textes
permet de mobiliser l’attention des élèves, d’entraîner leur mémoire et
d’exercer leur capacité de jugement. On accordera dans cette pratique orale,
beaucoup d’importance à l’intonation, au rythme, à l’articulation, à la voix.
On peut leur faire jouer un conte, une fable, une courte pièce de théâtre. A
cette occasion, on habituera les élèves à se constituer un recueil de textes
littéraires. Ce répertoire personnel fera appel à la calligraphie par l’élève
et permet ainsi d’associer oral et écriture et de valoriser l’expression
graphique.
b) La lecture à haute voix et les
comptes-rendus :
Les textes littéraires ou
courants à faire lire par les élèves, doivent être courts. La lecture à haute
voix est précédée d’une lecture silencieuse. Il est recommandé, à cette
occasion, de faire travailler la mise en voix, à livre ouvert, notamment quand
il s’agit de récits ou de poèmes. Les élèves doivent expliquer pourquoi
proposent-ils telle intonation pour tel passage et quel sentiment voulaient-ils
transmettre ?
Le compte-rendu de lecture ou de visite est également
une bonne occasion d’expression orale. C’est également l’occasion d’apprendre à
répondre aux questions, d’exprimer un jugement, une émotion, un sentiment. Il
faut alterner les comptes-rendus préparés et improvisés.
2- Les situations de communication :
L’échange
des questions et des réponses est la situation de communication par excellence.
Il se pratique en classe, entre les élèves et l’enseignant, ainsi qu’entre les
élèves eux-mêmes. L’enseignant doit veiller à ce que personne ne monopolise la
parole. Les élèves sont invités à s’exprimer de manière ordonnée, à formuler
leurs idées avec clarté et précision, à réfléchir sur la pertinence de leurs
questions et de leurs réponses. En participant d’une manière active et
régulière, ils apprennent à mobiliser leur attention, à prendre en compte la
situation de communication, à faire entendre leur voix, à laisser la parole aux
autres.
3- Les modalités pédagogiques de l’oral :
La
récitation d’un texte est évaluée sous un double aspect : les éléments qui
portent sur la mémorisation
et ceux qui relèvent de mise en jeu du
sens. L’élève doit
bien
percevoir que réciter engage le sens, et que le sens engage la façon
d’oraliser. En travaillant la récitation d’un poème ou d’un texte court,
l’élève fait également l’apprentissage de la co-évaluation qui prend en compte
son point de vue aussi bien que celui de l’enseignant. Les critères
d’évaluation d’un texte oralisé accordent la même importance à ce qui fait
l’attrait d’un texte oral, à savoir le ton, l’articulation, le rythme, la diction,
le volume de la voix, la mémorisation.
Les mêmes
critères sont valables pour la lecture à haute voix. Dans tous les cas,
l’apprentissage de l’écoute est mis en valeur de façon méthodique. Les diverses
pratiques de l’oral doivent être mises en œuvre de manière à ce que chaque
élève ait plusieurs occasions de prendre la parole et de bénéficier d’une
évaluation de sa prestation orale. Il faut signaler que lors des prises de
paroles improvisées, l’enseignant doit éviter d’intervenir pour des corrections
grammaticales ; il ne doit le faire que pour souligner les incohérences
qui rendent le propos de l’élèves inintelligible ou ambigu. En revanche, toutes
les occasions de pratique orale sont bonnes pour enrichir le vocabulaire des
élèves.
D/ Les outils de la langue :
Pourquoi le terme « outils de la
langue » ? C’est pour signifier deux principes pédagogiques
essentiels :
a) L’étude de la langue ne concerne pas
seulement les phénomènes grammaticaux. Le lexique et l’orthographe sont aussi
importants que la grammaire.
b) L’étude de la langue n’est pas une fin en soi. Elle se justifie si les notions découvertes et les compétences acquises sont réutilisées dans les domaines de lecture et de l’écriture.
1- Les activités lexicales :
Elles
permettent d’enrichir le vocabulaire des élèves, dans la mesure où ils doivent
disposer d’un nombre important de mots pour faire de la construction
grammaticale. Nous savons que les élèves qui ne disposent que d’un nombre
limité de mots, se replient sur un petit nombre de constructions. A cet égard,
trois objectifs sont essentiels :
-
faire
acquérir des mots nouveaux dans les textes de lecture, en s’appuyant sur le
contexte ;
-
faire
observer la construction syntaxique des mots ;
-
faire
réemployer les mots à l’oral et à l’écrit, en variant les contextes.
Néanmoins, il est important de structurer les activités
lexicales servant ces objectifs, de façon à ne pas laisser le hasard des
lectures déterminer à lui seul la progression. Pour les besoins de cette
structuration, on procédera à une étude complémentaire de :
-
la
formulation des mots ;
-
les
relations entre les mots (synonymes, contraires, homonymes) ;
-
l’histoire
des mots ;
-
les
champs lexicaux et sémantiques.
2- Les activités morphosyntaxiques :
L’étude des
outils de la langue, doit préparer l’élève à l’expression et à la maîtrise du
discours.
La
construction des phrases implique des connaissances morphosyntaxiques et la maîtrise
de la grammaire de la phrase ; mais la succession de phrases pour
constituer un texte, exige la connaissance de la grammaire du texte. Les textes
eux-mêmes n’ont de sens que par rapport à la situation d’énonciation où ils
sont produits. Ce qui implique la connaissance de la grammaire du discours. Ces
trois niveaux d’analyse doivent être combinés pour que l’étude de la grammaire
soit orientée vers l’expression et la maîtrise du discours.
a) La grammaire de la phrase :
Elle consiste à définir les types et les formes de phrases, à distinguer la
phrase simple de la phrase complexe, la proposition indépendante de l’ensemble
des éléments de la phrase complexe, à déterminer le rôle des signes de
ponctuation, à préciser les fonctions des constituants de la phrase.
b) La grammaire du texte :
Elle est directement orientée vers l’expression, la construction, le
fonctionnement du texte. C’est la cohérence du discours qui est l’objet
essentiel de l’étude d’un texte :
-
comment
la répétition est-elle utilisée pour assurer la continuité thématique dans un
texte ? comment un même personnage est désigné d’une manière différente
dans un texte ?
-
quelles
sont les formes de progression utilisées dans un texte pour y apporter des
informations nouvelles par rapport au thème central ?
-
quels
sont les connections spatio-temporels (d’abord, ensuite, à côté, puis, …) ou
logiques (puisque, donc,) qui permettent d’assurer l’assemblage des différents
éléments constitutifs du texte ?
c) La grammaire du discours : Elle consiste :
-
à
préciser les composantes de la situation d’énonciation : qui parle ?
ou qui écrit ? à qui ? où ? et quand ?
-
à
étudier les relations entre énoncé et situation d’énonciation ;
-
à
prendre en compte la forme de discours : qu’elle est l’intention de
l’énonciateur ? (raconter, décrire, expliquer, argumenter ?). Ces
fonctions dans le programme, sont proposées pour être étudiées simultanément
dans le récit qui la forme dominante. Toutes ces notions qui sont orientées
vers l’expression sont déterminantes pour les apprentissages. En 3èmeAM,
on s’en tient donc à l’approche de trois formes de discours : narratif,
descriptif, argumentatif, traités d’une façon inégale en mettant l’accent sur
« Amacahu » dans le récit.
Ainsi, la compétence discursive, adoptée pour toutes
les années du cycle moyen, s’affirme comme le principe fédérateur de
l’enseignement de Tamazight à ce niveau ; car elle permet le décloisonnement
des activités de la lecture, de l’écriture, de la pratique orale.
d) Une démarche
combinatoire : du discours à la phrase :
Pour étudier un point de grammaire, il est recommandé de partir de la forme du
discours vers la phrase. Prenons l’exemple des temps verbaux ; leurs
emplois varient selon le type de discours. D’une façon générale, le type de
discours détermine les modes d’organisation du texte et implique le recours
dans la phrase à des fonctions grammaticales particulières : la phrase
nominale dans le descriptif, les circonstanciels de temps dans le narratif,
etc. Il n’en reste pas moins nécessaire de tenir compte des fréquences d’emploi
pour rattacher les types de phrases à l’ensemble du discours.
L’essentiel de tout ce qui précède, nous amène à
retenir le principe qui permet :
-
de
mettre l’étude de la langue au service de la lecture et de l’écriture ;
-
de
situer cette étude à l’intérieur de la séquence d’apprentissage (lecture d’un
texte narratif, étude des différents outils de la langue au service de la
narration, écriture d’un texte narratif).
3- L’orthographe et la transcription :
L’objectif
de l’enseignement des règles d’orthographes et de transcription est de rendre
l’élève capable d’écrire des textes lisibles et cohérents. C’est une compétence
qui s’acquiert par des exercices d’apprentissage variés, à objectifs précis.
Selon la transcription adoptée, l’étude de
l’orthographe s’organise à travers les textes de lecture, en fonction des
notions lexicales et grammaticales. La dictée est un exercice de contrôle parmi
d’autres ; elle ne se substitue pas aux autres exercices d’apprentissage.
4- Les modalités pédagogiques des outils de la
langue :
C’est dans
la classe, sous la conduite de l’enseignant que s’effectuent les acquisitions
des outils de la langue : acquisitions lexicales, grammaticales ou
orthographiques. Les élèves sont mis en situation d’observer, de repérer, de
manipuler puis, de réinvestir, dans une démarche inductive qui comporte trois
phases successives :
a) Les élèves sont invités à observer un
énoncé qui peut être produit par eux- mêmes, ou qui a fait l’objet d’une écoute
ou d’une lecture. Cette observation est guidée par une série de questions
écrites ou orales, qui amènent l’élève à repérer un certain nombre d’éléments à
étudier.
b) A partir de ces éléments, les élèves
sont invités à mettre en évidence les faits lexicaux, grammaticaux ou
orthographiques visés.
c) Les notions découvertes sont
immédiatement mises en application dans une production personnelle orale ou
écrite. C’est ainsi que l’élève construit lui-même ses savoirs. Les outils de
la langue sont, tout au long de l’année, découverts progressivement et utilisés
aussitôt que découverts à l’intérieur des séquences d’apprentissage où ils s’intègrent
et se complètent pour servir à la réalisation d’un projet pédagogique.